comment travailler un morceau de violon ?
Méthodologie

5 conseils pour travailler un morceau de violon ( TOUS NIVEAUX )

Face à une nouvelle partition, il arrive que l’on se sente perdu, qu’on ne sache pas par quoi commencer. Parfois on ne parvient pas à progresser sur un morceau, et il est difficile de comprendre pourquoi . Peut-être vous arrive-t-il de travailler ainsi : vous enchaînez le morceau du début à la fin , en reprenant à chaque difficulté. Puis vous recommencez, encore et encore, et trouvez que les progrès sont vraiment longs à venir.

Et vous avez tout à fait raison ! En effet cette façon de faire n’est pas efficace, et il existe des méthodes pour travailler un morceau. Des méthodes qui sont applicables à TOUTES les partitions que vous travaillerez, et cela peu importe votre niveau ! Dans cet article, je partage avec vous 5 méthodes essentielles. Voici mes 5 conseils pour travailler un morceau au violon, et ne plus passer des semaines sur la même partition sans parvenir à la maîtriser complètement.

1 -Diviser le morceau en plusieurs parties

La première chose à faire c’est de cadrer votre travail. Pour commencer il est parfaitement inutile d’enchaîner le morceau du début à la fin, même si vous vous arrêtez pour corriger vos fautes. Bien sûr il faudra vous entraîner à jouer le morceau en entier, mais cela vient dans un second temps !

Tout d’abord, et ce peu importe la taille de la partition, il faut la diviser en plusieurs parties. Ensuite, vous choisirez à chaque séance de travail, quelle partie vous allez travailler. Chaque partie devra être travaillée, ainsi, aucune ne sera négligée 🙂 Parfois vous commencerez par la fin du morceau, parfois par la partie la plus difficile, etc, cela vous oblige à clarifier votre méthode, et à cibler votre concentration.
Par exemple, si vous vous dites, “aujourd’hui je travaillerai 15 minutes sur les trois dernières lignes” vous serez beaucoup plus efficaces que si vous passez 30 minutes à jouer, sans but précis.

Comment définir les différentes parties ?

Cela dépend beaucoup de la taille du morceau.

S’il ne fait que quelques lignes, Découpez le simplement en suivant les phrases musicales. Comment reconnaître une phrase musicale ? Souvent, les phrases sont tout simplement délimitées par des respirations ( silences ). Parfois ce n’est pas le cas, vous pouvez alors chanter la mélodie, et délimiter les phrases en fonction de vos ressentis. La plupart du temps, les phrases sont écrites sur des “carrures” de 4, 8 ou 16 mesures 🙂 Quoi qu’il en soit, suivez votre ressenti.

Si le morceau est très long, vous pouvez délimiter des parties plus grandes, plusieurs lignes, voir plusieurs pages si la partition est vraiment longue.
Dans ce cas la, remarquez des ensembles de phrases qui forment une partie cohérente : même caractère, mêmes rythmes, mêmes coups d’archet. Par exemple délimitez les phrases mélodiques, les traits techniques ( croches ou doubles croches ), les changements d’armure ou de chiffrage de mesure etc…

Une fois que vous avez délimité les différentes parties, nommez les ( chiffres ou lettres ), puis notez à chaque séance celles que vous avez travaillées, et celles que vous souhaitez travailler à la séance d’après.

De temps en temps, enchaînez le morceau pour voir si vous les connaissez toutes de la même manière. Si une partie est moins réussie que les autres, mettez la au programme de votre prochaine session, et accordez lui un peu plus de temps !

2 – Travailler la justesse “seule”

L’idée est de cibler une seule difficulté à la fois. Il s’agit de jouer le morceau note à note, en supprimant rythme et coups d’archet. Vous jouez donc une note après l’autre en prenant soin de respecter les doigtés. Commencez lentement en détaché régulier ( noires ou blanches ) en portant toute votre attention sur la justesse, et particulièrement l’enchaînement d’une note à l’autre. Si l’enchaînement n’est pas juste, analysez pourquoi ( doigt trop haut ou trop bas, main mal positionnée, ou pas assez rapide… ) et reprenez quelques notes avant pour rejouer l’enchaînement.

Puis lorsque vous êtes plus à l’aise, vous pouvez accélérez l’exercice, en liant par 2 notes, puis 3, puis 4, puis 8 etc toujours sans rythme 🙂

N’oubliez pas que si vous avez manqué un enchaînement plusieurs fois, il vous faudra le réussir plusieurs fois avant de passer à la suite ! 9 fois faux pour une fois juste : les statistiques ne sont pas bonnes pour les prochaines 😛

Ce travail peut être fait sur les parties les plus délicates pour la main gauche, mais il peut être interessant de l’effectuer sur l’ensemble de la partition, car on a parfois quelques surprises 🙂

3 – Travailler l’archet “seul”

Comme les pianistes, travaillons une main après l’autre 🙂 Ceci, toujours dans le but d’isoler les difficultés pour mieux se concentrer sur le problème. Les violonistes ont souvent tendance à se focaliser sur la justesse et donc à laisser un peu de côté la technique d’archet. Mais elle est au moins aussi importante, et bien souvent, les problèmes viennent de votre main droite. Je pense que beaucoup de difficultés sont dues au fait que vous ne savez pas exactement sur quelle corde et à quelle place d’archet vous devez jouer 🙂

Comment travailler l’archet seul ?

Tout simplement en n’utilisant pas la main gauche 🙂 Jouez en cordes à vide ! et focalisez vous sur ces différents points :

  • Jouez sur les bonnes cordes : en respectant vos doigtés. Au début cela demande une grande concentration pour savoir exactement quelle corde jouer quand vous n’utilisez pas votre main gauche, mais cela vient assez rapidement.
  • Jouez à la bonne place d’archet : La place d’archet est très importante, il s’agit de l’endroit de la mèche où vous allez jouer. Vous devez la définir en fonction de l’articulation que vous recherchez, mais également des notes qui viennent après. Exemple : si vous devez jouer en spiccato à la note suivante, vous ne devez pas vous retrouver coincé à la pointe ! J’y reviendrai plus en détail dans un futur article. Quoi qu’il en soit, ayez conscience de l’endroit où vous devez jouer, et travailler les cordes à vide dans ce sens 🙂
  • Jouez avec un son magnifique : C’est l’occasion idéale pour vous concentrer sur votre son. Vous serez agréablement surpris des progrès que vous allez faire ! Je suis d’accord que travailler des cordes à vide n’est pas ce qu’il y a de plus passionnant, mais profitez en pour rechercher la résonance idéale, faites vibrer votre violon 🙂
  • Jouez avec la bonne intention musicale : À l’exception du vibrato, c’est l’archet, qui permet d’exprimer toutes les intentions musicales. C’est avec l’archet que l’on chante la mélodie. Profitez donc de ces cordes à vide pour chanter intérieurement la mélodie, et voir comment vous pouvez la rendre encore plus expressive avec votre bras droit !

4 – Travailler au métronome

Pour certains c’est un instrument de torture 😛 pour moi c’est vraiment un instrument magique ! Celui qui vous cadre et vous recadre ! Il vous oblige à jouer en rythme, et avec une pulsation régulière. C’est un excellent indicateur, pour prendre conscience que vous accélérez ou ralentissez sur certaines parties du morceau. Donc c’est un peu comme un petit professeur électronique 🙂 Mais ce n’est pas tout, c’est lui qui va vous accompagner pas à pas pour parvenir à jouer le morceau à la bonne vitesse.

Comment travailler au métronome ?

Il est interessant d’utiliser un métronome dès le début du travail. Commencez d’abord par trouver la vitesse à laquelle vous êtes à l’aise, vous ne devez pas vous arrêter toutes les trois notes 🙂 Ainsi vous verrez si certains endroits de la partition ne sont pas très clair rythmiquement pour vous.

Lorsque vous travaillez lentement, respectez les mêmes nuances, places d’archet et intentions musicales que si vous jouiez au tempo final, c’est très important.

Faites un état des lieux : noter à quelle vitesse vous pouvez jouer chacune des parties que vous avez délimitées plus tôt et voyez à quelle vitesse finale le morceau se joue. Pendant votre séance , augmentez petit à petit la vitesse de la pulsation métronomique. Vous devez toujours rester en contrôle, avoir le temps d’anticiper la partition. Si ça bloque vous pouvez revenir quelques battements plus bas. Notez à quelle vitesse vous êtes arrivé à la fin de votre séance. Notez le vraiment sur votre cahier de travail pour ne pas oublier, et reprenez un peu moins vite à la prochaine séance, pour pouvoir accélérer à nouveau.

Faites en sorte que toutes les parties soient à peu près toujours à la même vitesse, et qu’elle se rapprochent petit à petit un peu plus du tempo final.

Cela semble fastidieux et très méthodique comme ça, mais c’est vraiment une habitude à prendre. Une habitude qui vous fera progresser beaucoup plus rapidement que si vous n’utilisiez pas de métronome !

Si vous n’avez pas de métronome je vous conseille celui que j’utilise :

Sinon il existe beaucoup d’applications web et mobile gratuites qui sont faciles à utiliser 🙂

5 – Isolez les problèmes techniques

Il est très important lorsqu’on se trouve face à une difficulté, de comprendre pourquoi. Vous travaillez un morceau, et vous butez toujours sur un passage en particulier, ou alors certaines partie ne sonnent pas bien sans que vous ayez vraiment d’explications ? Parfois c’est une solution toute simple , vous ne jouez pas sur la bonne corde au bon moment, votre doigté ou votre coup d’archet n’est pas bon, votre main n’est pas bien placée etc.

Mais parfois il s’agit d’un problème technique qu’il vous faudra analyser, isoler, et travailler.

Analyser ce qui bloque :

Vous vous arrêtez toujours au même endroit, une note sonne toujours faux, le son est toujours désagréable sur telle autre…. : ce n’est pas une fatalité, analysez ce qui ne va pas.

exemples : – un démanché – une mauvaise place d’archet – une technique d’archet que vous ne maîtrisez pas – un passage trop rapide pour vous

Isoler et travailler :

Il est important pour ne pas éparpiller son attention, d’isoler la difficulté au maximum. Dans le cas d’un démanché par exemple il s’agit de deux notes ! La note de départ, et la note d’arrivée et c’est tout ! Il existe des tas de façons de travailler chaque difficulté et j’y reviendrai dans un prochain article. Pour le démanché par exemple, travaillez en boucle, dans un sens puis dans l’autre, utilisez un doigt guide, travaillez le même démanché sur d’autres cordes etc… Vous pouvez également inventer vos propres exercices, ou travailler cette difficulté précise grâce à un cahier existant comme les Sevcik. Bon ça c’est si vous aimez la technique et que vous avez un peu de temps à y consacrer 🙂

Une fois que vous avez progressé sur cette difficulté, il est important de la relier au reste du morceau, en travaillant ensuite les enchaînements. ( Travaillez les enchaînements entre deux parties, travaillez l’enchaînement d’une difficulté avec ce qui vient avant et ce qui vient après ) Car il arrive qu’on réussisse parfaitement ce démanché de manière isolée, mais qu’on le rate dès qu’on l’enchaîne avec le reste du morceau 😀

Un petit conseil bonus 🙂

Allez je vous en donne un autre 🙂 Pensez à JOUER votre morceau devant un public, pour vous mettre en condition de concert. Cela fait énormément progresser, et prendre conscience de choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on travaille seul dans son bureau ou sa chambre. Se mettre en condition ça peut vouloir dire : jouer son morceau ou une partie seulement devant son conjoint, son enfant, ses parents… Si vous êtes courageux ça peut être un groupe d’amis ou de famille 🙂 Mais ça peut aussi vouloir dire vous filmer ou vous enregistrer , et dans ce cas là vous êtes votre propre public… Mais ça met quand même une pression supplémentaire vous verrez 😉

N’hésitez pas à consulter également mon article sur mes meilleurs conseils pour progresser au violon ou celui sur les 3 méthodes pour booster votre pratique , ils pourront sans doute vous intéresser !

Comme d’habitude je vous invite à me poser toutes vos questions en commentaire 😉

À bientôt !

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7 Comments

  • cécile

    Merci pour ces conseils précieux!
    Pour ma part, je fais partie des “pressés”, qui joue de nouvelles partitions trop rapidement du début à la fin, avec parfois la déception de ne pas y arriver, et parfois des surprises mais qui ne sont qu’éphémères, car trop peu travaillées dans la précision et dans le fond… Ces conseils paraissent évidents pour certains, mais méritent d’être énoncés pour ne pas être négligés!
    Ne prenant plus de cours pour l’instant, je suis à la fois l’élève et le maître…
    L’idée de faire un cahier de travail me plait beaucoup et m’aidera, ainsi que tous ces conseils, pour me poser et continuer à progresser !
    Cécile.

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